PLAN ARRIÈRE / TAIL PART

Le travail sur le plan fixe devrait démarrer à l'été 2014.

14 juillet 2014

Et bien le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai sous estimé le temps nécessaire pour fabriquer la dérive. Mais j'en ai fini et je peux maintenant m'engager dans la fabrication du plan fixe.

Il est constitué de deux parties, l'une fixe, organisée autour d'un longeronnet et d'un jeu de nervures également liées au bord d'attaque, et l'autre, constituant la gouverne de profondeur,concue de la même manière, avec en plus un renfort en pin d'orégon pour la commande et la charnière. Notons que cette gouverne n'est pas profilée (pas de bord d'attaque) mais que sa section est un simple triangle isocèle. L'ensemble est en CTP de bouleau 4 et 6mm, en CTP aviation e1,5mm pour les âmes des longeronnets et les coffrages, en PO pour les baguettes et le bord d'attaque.Il y a des charnières constituée de petites plaques en Au4G de forte épaisseur. On y insérera des coussinnets en bronze phosphoreux pour éviter le matage.

Construction de la partie fixe.

On commence par le longeronnet. Mon chantier est bien plat, je m'appuie dessus et je réutilise, pour serrer de façon bien répartie, les petites presses en bois que j'avais fabriqué pour le serrage des baguettes sur les flancs du fuselage. On obtient un bon résultat.

Pour les nervures, j'ai profité d'une offre d'un collègue qui  en a fait faire deux jeux découpés au laser. Il reste une petite dispersion des cotes tout de même.Il faudra ajuster.

Le Bord d'attaque est vraiment une pièce délicate à réaliser. La liasse nous conseille - de façon un peu sommaire, mais ca nous force à réfléchir et nous débrouiller - de "faire faire un fer de toupie à la forme du plan". Ce n'est pas simple. Ce n'est même pas loin d'être impossible. La section de ce bord d'attaque est constituée d'une partie demi-circulaire, grosso modo, accolée à un trapèze. Une solution serait de le réaliser en deux pièces que l'on colle: l'une de section demi circulaire, l'autre de section trapézoidale. Ca m'a paru un peu délicat. Par chance, mon PO est vraiment extrêmement droit et régulier. J'ai tracé les lignes de repère le long du tasseau et j'ai abattu la partie haute au rabot pour lui donner une section demi-circulaire (il faut y aller mollo et ne pas se faire embarquer par les fibres. Le rabot doit couper impeccable). Ensuite, j'ai tiré une petite rainure avec un mini guillaume le long d'une règle. je me suis ensuite guidé sur cette trace (profondeur 2 à 3 dixièmes...) pour l'approfondir, toujours avec le mini guillaume. Lorsque j'ai atteint une profondeur de 1mm, j'ai fini avec un guillaume un peu plus gros. De mon point de vue, la qualité de mes deux guillaumes a joué un rôle primordial. Jetez un coup d'oeil sur la page "liens" pour les fournisseurs. Je me suis confectionné un petit gabarit en CTP pour vérifier mon profil le long de la pièce. Ca ne marche pas trop mal, mieux que je ne l'aurais cru, d'ailleurs.

J'ai choisi de faire l'assemblage de la partie fixe en posant le longeronnet à plat sur le chantier et en le bridant comme il faut (centre + les extrémités) et en insérant les nervures. Il y a cinq sortes de nervures: les nervures standard, qui n'ont rien de spécial, deux nervures spéciales dans lesquelles l'un des trous d'allégement est supprimé afin de pouvoir monter les charnières, deux nervures spéciales inclinées, dépourvues de trous d'allègement,sur lesquelles viendront se fixer les ferrures d'attache du plan fixe sur le fuselage, une nervure centrale qui porte la charnière principale (celle où vient agir la barre de commande de profondeur) et deux nervures d'extrémités qui sont dépourvues de tous d'allègement. Il est essentiel que ces nervures soient bien montées dans l'axe. Une inclinaison pourrait provoquer une torsion ou un vrillage du plan fixe. J'ai donc confectionné deux équerres en bois qui viennent s'emboîter à chaque extrémités du longeronnet, et qui sont fixées avec un serre joint après avoir été réglées bien d'équerre dans le sens transverse au longeronnet. Il faut qu'elles soient également parfaitement perpendiculaires au plan de l'âme du longeronnet. On y trace une ligne au droit de l'axe longitudinal du longeronnet, sur laquelle on perce un trou à la hauteur exacte de l'extrémité des nervures, là où viendra le BA, donc. On tend ensuite un fil de foi entre les deux équerres. Les nervures devront être positionnées de façon à ce que le milieu de leur arête avant soit sous le fil. ceci se traduit par un ajustement des pieds de nervures, car les découpes des pièces ne sont pas assez précises. Le serrage des nervures est un peu compliqué car l'effort doit être appliqué dans le bon axe. J'ai choisi d'appliquer un tasseau d'appui qui porte dans une pièce insérée dans un des trous d'allègement.

 

8 août 2014

Le montage des nervures porteuses des charnières latérales pose un problème délicat: il faut garantir absolument un alignement parfait des points d'articulation (au nombre de trois: un de chaque côté et un au milieu). Le moindre écart provoquerait à tout coup un point dur dans la commande. On change donc le positionnement du longeronnet qui est posé sur champ sur le chantier, et maintenu solidement perpendiculaire à la surface de référence par des blocs calibrés bien d'équerre. Après le tracé, on pratique les ouvertures pour le passage des charnières à travers la semelle du longeronnet avec une scie à chantourner. Puis on confectionne un gabarit de positionnement avec une plaquette de CTP 4mm sur laquelle est collé un tasseau bien droit en PO 15x15. L'ensemble coulisse le long du longeronnet, la plaquette s'appuyant sur l'âme, et le tasseau sur la semelle supérieure. Un bloc de hêtre bien dur est collé sur la plaquette et dans ce bloc, on a pratiqué à la bonne hauteur un trou dont le diamètre correspond à celui de l'axe de charnière. On passe une queue de forêt dans cet orifice, On place la charnière à travers l'orifice taillé dans l'âme et on vient emboîter le gabarit dans l'orifice axial de la charnière: le point de rotation axial est donc parfaitement positionné par rapport au longeronnet. On place ensuite la nervure contre la charnière et on maintien l'ensemble avec un serre joint, puis on perce la nervure en se servant de la charnière comme guide.

A noter: il est primordial de percer la nervure bien perpendiculairement à sa surface faute de quoi, si le boulon est légèrement incliné, il va avoir tendance à tirer la charnière et le résultat ne sera pas bon. Pour cette raison, j'ai utilisé une perceuse à colonne. On vérifie que la surface de la table est bien perpendiculaire à la broche (équerre + long forêt). Ensuite, on utilise deux blocs de montages rectifiés, placés à 90° pour poser la pièce à percer dessus. Le résultat est impeccable. Pour les blocs de montage, voir "Métiers et Passions" sur la page de liens. C'est vraiment un petit accessoire très pratique pour qui veut travailler avec précision, et pas ruineux.

Ensuite, la charnière est collée à la nervure avec de la loctite, et un renfort également percé est collé sur l'autre face de la nervure de façon à ce que l'épaisseur totate charnière + nervure + renfort soit légèrement supérieure à la longueur non filetée des deux boulons de classe 8.8 qui assurent l'assemblage. On serre avec un écrou nylstop et une goutte de frein à filet. C'est une opération délicate car la loctite ne permet aucun repositionement: ce qu'elle touche est bloqué...et en plus, le temps ouvert n'est pas énorme et il y a plusieurs pièces à assembler. Il faudra que je réfléchisse à une séquence qui permette de travailler sans stress à ce niveau. On recommence la même opération de l'autre côté pour l'autre charnière Le serrage se fait gabarit en place, grace à un barreau passé à travers les trous d'allégement.

15 août 2014

On continue la fabrication de la partie fixe du plan arrière. Les nervures d'extrémité, celles qui viennent fermer le plan sont découpées et collées en place. On ajoute deux petits renforts en CTP 4mm avec le longeronnet: l'ensemble est parfaitement rigide. Je colle ensuite le bord d'attaque à la résorcine formol en commençant par une extrémité bien tenue en place par un serre-joint et en avançant nervure après nervures en vérifiant l'alignement à chaque étape et en serrant avec des serre-joint. Voici une vue générale. Les nervures porte-charnières sont également renforcée par de petites cales en CTP 4mm avec le bord d'attaque. On se retrouve donc avec la partie fixe du plan arrière de laquelle il manque (i) les nervures inclinées sur lesquelles viendront se fixer les plaques de liaisons avec le fuselage, (ii)la nervure centrale décalée sur laquelle se fixera la charnière du guignol de commande de profondeur. On fabrique cette nervure centrale avec deux nervures de CTP4mm bouleau contrecollées à la résorcine formol: ca ne mollira pas! On parfait le profil à la ponceuse lapidaire et on découpe les trous d'allégement à la scie cloche. Une mesure de l'épaisseur donne un milimètre en excès: on réalise une petite chambrure à la défonceuse pour bien avoir l'épaisseur prescrite (épaisseur de la charnière + jeu) à l'endroit de la fixation des deux plaques-charnière latérales. Ensuite, on découpe la lumière de passage de la charnière centrale dans l'âme du longeronnet et là, on découvre qu'on a fait une erreur!

 

Non seulement il faut lire le plan, mais il faut également prendre bien soin de réfléchir à l'enchainement des opérations élémentaires à réaliser et en déduire la séquence correcte qu'ensuite on appliquera rigoureusement. Les charnière latérales avaient été positionnées en les mettant en place d'avant en arrière, puis en les pinçant sur les nervures qu'on dégageait ensuite avec la charnière ce qui était possible puisque le bord d'attaque n'était pas encore collé. Mais avec le bord d'attaque en place, il ne sera plus possible de sortir la nervure centrale avec la charnière centrale pincée dessus, garantie d'un positionnement parfait de perçage. Il va falloir tracer les lieux des trous de fixation de charnière sur la nervure et percer ensuite sur ces tracés. C'est beaucoup moins précis. Il aurait fallu attendre, pour coller le BA, que toutes les nervures porte charnières soient en place...

Bref, je m'en suis sorti, mais il a fallu ajouter quelques petits coups de lime pour que tout se mette en place comme il faut. La séquence est assez compliquée:

  1. Mise en place de la première charnière dans l'ouverture du longeronnet et positionnement au gabarit.
  2. Mise en place de la nervure centrale
  3. Mise en place de la seconde charnière et positionnement au gabarit. Le gabarit positionne donc parfaitement les deux orifices de passage du pivot central de dérive de profondeur.
  4. Mise en place des boulons 8.8 de fixation des charnières sur la nervure centrale. Vérification de l'équerrage de cette nervure dans les deux plans. Tracé sur le BA et le longeronnet.
  5. Retrait du gabarit et démontage des boulons 8.8 de fixation.
  6. Collage de la nervure centrale en place sur le tracé, à la résorcine formol. Séchage sous presse.
  7. Après séchage, nettoyage des charnières à l'acétone. Encollage de la première charnière à la loctite (sur la zone de contact charnière/nervure centrale.
  8. Insertion de la première charnière en biais, par l'intérieur.
  9. Positionnement des boulons de fixation en les introduisant du côté opposé de la charnière, les extrémités étant juste à fleur de l'orifice.
  10. Positionnement du gabarit et enclenchement de la charnière dans celui-ci. Ceci amène la charnière en contact avec la nervure.
  11. RAPIDEMENT pousser les boulons à travers la charnière. Dès que celle-ci est correctement positionnée sur la nervure (il peut y avoir un ou deux dixième de friction à ce stade) serrer énergiquement. Terminer de passer les boulons et serrer modérément. Attendre le séchage de la loctite (10 minutes, par sécurité, mais c'est dur beaucoup plus tôt).
  12. retirer les boulons et encoller la seconde charnière.
  13. Positionner les boulons cette fois-ci de l'autre sens.
  14. Introduire la deuxième charnière en biais. Pousser la tige du gabarit et enclencher dans l'orifice de la seconde charnière: Elle vient en contact avec la nervure.
  15. Répéter l'étape 11.
  16. Serrer les boulons 8.8 avec des écrous autobloquant nylstop (j'ajoute en plus une goutte de frein de filet.

A l'arrivée, j'obtiens ça [1]

Attention, si vous racourcissez les boulons, il faut éviter qu'une barbule de sciage ne vienne blesser l'insert plastique de l'écrou auto bloquant. Voici la méthode que j'utilise pour racourcir les boulons vitaux recevant un écrou nylstop:

Je visse un écrou jusqu'à l'extrémité du filetage sous la tête, puis je scie à longueur. Ensuite je meule au touret l'extrémité. Rien ne doit accrocher au doigt. Il se peut que cette opération remplisse ou écrase le dernier filet côté extrémité. Je dévisse alors l'écrou que j'avais mis précédemment ce qui restaure le filet. . Je finis par un petit coup de brosse acier, ce qui fait tomber les mini barbules éventuelles. Je vérifie que tout est OK en vissant et dévissant plusieurs fois un écrou. Ensuite, je place mon boulon et je serre le nylstop avec une petite goutte de frein filet.

On taille la petite pièce de hètre sur laquelle le plan fixe viendra s'appuyer. Il s'agit d'une petite règlette qui se situera entre le fuselage et le plan fixe. On la voit ici avec les quatre plaques de liaison plan fixe-fuselage.

8 septembre 2014

On attaque maintenant la fabrication des deux nervures inclinées qui recevront les plaques de liaison avec le fuselage. Les débits rectangulaires sont taillés dans la partie arrière pour qu'ils viennent s'encastrer dans le longeronnet arrière. On place le plan fixe sur la règlette d'appui en hêtre et on cale sous le BA de façon à ce qu'il soit en place fidèlement aux indications de la liasse. On place les débit des nervures inclinées à la bonne position puis en se guidant sur les autres nervures à l'aide d'une règle plate et rigide, on vient reporter le profil que l'on découpe ensuite à la scie à guichet. Celà se fait très simplement.

Il faut ensuite préparer les pièces en Au4G qui d'une part viendront sur ces nervures par deux boulons 8.8, et d'autre part se fixeront à travers les taquets installés sur les flancs, à l'intérieur du fuselage. Ces pièces sont planes. C'est un exercice d'établi (traçage, étau, lime, perçage à la perceuse à colonne, ébavurage et finition à l'émeri à l'eau) classique.

Il ressort d'une conversation avec le concepteur que lors des réglages, on peut être amené à relever l'avant du plan fixe pour en augmenter l'incidence. Bref, il faut anticiper à ce niveau la possibilité de modifier le perçage de la plaque de fixation avant. Je modifie donc légèrement sa forme de façon à avoir de la marge dans le sens de l'élévation on de l'abaissement.

15 septembre 2014

Il faut positionner maintenant les nervures inclinées. Elles doivent être exactement à l'aplomb des flancs à une cote telle que lorsque les plaques seront boulonnées dessus, elles viennent épouser les flancs, mais avec 1 mm de jeu de chaque côté (épaisseur de l'entoilage, de l'éventuelle peinture et du vernis).J'utilise du papier plié et mesuré au pied à coulisse pour la cale de jeu. Il faut donc que le plan fixe soit parfaitement positionné. Comme j'ai peut-être deux ou trois mm de déviation de mon axe longitudinal, je me repère par rapport aux points d'accrochage de la voilure principale, sur la traverse inox avant. J'ai créé deux points de référence bien précis, taillés dans une plaque d'alu et boulonné sur la traverse. Je met le plan fixe en place sur cale (c'est sympa...une petite mise en croix!). Je tire une ficelle non extensible (fil suiffé de cordonnier) entre le point avant babord et l'extrémité avant externe babord du plan fixe. Je relève la cote avec un petit adhésif. On recommence de la même manière côté tribord. On ajuste la position du plan fixe jusqu'à ce qu'on trouve la même cote de part et d'autre. Ceci réalisé, on vérifie l'horizontalité du plan fixe au niveau à bulle (par rapport à l'horizontalité du tube inox de fixation des ailes). , ce  n'est pas encore nickel. Dans mon cas, tout se passe bien. La surface dorsale est elle aussi bien de niveau.

On positionne ensuite  les plaques de fixations sur les nervures inclinées avec des boulons provisoires serrés sans excès. On place ensuite les nervures dans le plan fixe en respectant le jeu prévu (feuille de papier pliée plusieurs et vérification de l'épaisseur au pied à coulisse). On trace les emplacements sur le plan fixe.

Dans un second temps, on fixe les plaques sur les nervures. Comme la partie du boulon 8.8 qui porte sur les pièces métalliques doit être lisse, on se retrouve avec l'obligation de mettre une cale pour que l'écrou serre bien. L'écrou prend donc en compte (i) la plaque de fixation, (ii) la nervure, (iii) la cale. La nervure sera collée avec la plaque à la loctite, et la cale sera collée à l'époxy. Ca fait deux collages dont un à la l octite. On procède en deux temps selon la séquence suivante:

  1. Réalisation de deux positionneurs diam 5mm au tour (alu castorama) qui vont nous servir de guide.
  2. Mise en place des positionneurs sur la nervure: les pions diam 5 dépassent.
  3. Encollage de la plaque sur la zone de contact avec la nervure.
  4. Positionnement de la plaque encollée qui vient impeccable grace aux positionneurs. Serre-joint.
  5. Retrait des positionneurs. Séchage 10 minutes.
  6. Mise en place des boulons 8.8.
  7. Encollage (epoxy) des cales et de la nervure. Mise en place et serrage
  8. Boulonnage et serrage (nylstop + frein filet).

A l'arrivée, j'obtiens ca [1]

Répéter la séquence pour la seconde nervure. On colle (résorcine formol) ensuite les nervures en place dans le plan fixe. Bridage et serrage. La structure interne de la partie fixe est désormais quasiment terminée. Il ne reste que le coffrage. On ne fait pas tout de suite cette opération, car elle constitue un moyen puissant de redresser éventuellement le plan fixe et la gouverne. Suivant les conseils de la  liasse, je ferai ce coffrage lorsque l'ensemble sera terminé. En particulier les articulations...

21 septembre 2014

On renforce toutes les liaisons des nervures particulières (extrémités, porte charnières, porte plaques de fixation et centrale-porte guignol) avec de petites cales de ctp e4mm collées sur l'âme du longeronnet et sur le bord d'attaque avec de la colle epoxy à deux composants. Voici un exemple de ce que celà peut donner. On notera les deux petites taches de peintures rouge apposées pour signifier que le boulon est du type requis, qu'il est définitivement en place, que le moyen de freinage (ici, nylstop) est mis en oeuvre, et qu'il est répertorié comme tel dans le tableau des boulons du livre de construction.

24 septembre 2014

Après un nettoyage et un rangement de l'atelier (ca fait du bien d'y voir clair), on attaque la fabrication du longeronnet de la gouverne de profondeur (notée GP dans la suite). Il présente exactement la même architecture que celui du Plan Fixe (noté PF dans la suite): une âme de ctp e 2.5mm et deux tasseaux 8x15 en PO collés en haut et en bas. On positionne ensuite quelques petits renforts en ctp e4mm destinés à asseoir le renfort qui viendra se coller sur les deux tasseaux du longeronnet.

5 octobre 2014

On taille le renfort de GP. Il est aminci à chaque extrémités, évidé de plusieurs trous ronds afin de l'alléger. Au centre, on pratique un évidement pour laisser passer la plaque de charnière centrale. En effet, sur le renfort, on boulonne deux équerres emprisonnant le guignol de profondeur et la plaque de charnière centrale [1] [2] . Ces deux équerres doivent être réalisées avec soin. On les taille dans une cornière de dural (Au4G). Il y a un arrondi à l'intérieur. On ne touche pas cet arrondi: les trous sont perçés au-delà. Pour ce faire, on réalise un petit montage basé sur un nécessaire de bridage et un bloc rectifié [1]  [2]. La verticalité et la concentricité de la broche de la nouvelle perçeuse étant parfaits, on obtient aisément un bon résultat.

21octobre 2014

Une fois l'ensemble de ces pièces montées, on peut coller le renfort sur le longeronnet. Cette vue permet de noter que les têtes de boulons seront enfermées. Il faut donc veiller à bien les serrer et les freiner. Pour le serrage, n'étant pas encore équipé d'une clef dynamométrique, je serre jusqu'à ce que la rondelle commence à pénétrer dans le bois. Pour le freinage, j'utilise du frein-filet, une sorte de colle que je dispose sur le filet du boulon (de classe 8.8), et l'écrou est du type nylstop, neuf, bien entendu. J'ai confectionné une éprouvette: c'est vraiment dur à désserrer. Le collage se fait sans problèmes, à la résorcine formol. Le serrage se fait avec des serre-joints faciles à placer.

28 octobre 2014

Il s'agit maintenant de réaliser les nervures. Par chance le concepteur leur a donné la forme d'un simple triangle isocèle. Il faudra cependant les tailler avec soin car le bord de fuite (noté BF dans la suite) va venir accoster sur chacune d'elles. Elles devront être impeccabmeùent alignée faute de quoi, on aura une GP toute gondolée. Voici le détail de la séquence de leur fabrication.

  1. On découpe les débits avec des cotes supérieures aux dimensions hors-tout  de quelques mm .
  2. On trace une horizontale basse qui constituera la première référence. On taille sur cette cote par ponçage.
  3. On vérifie ensuite la parfaite rectitude de cette ligne de référence avec une règle métallique observée à contre jour.
  4. On trace le fond perpendiculairement à la ligne de première référence, et on tallle également par ponçage. On vérifie l'équerrage de la même manière. C'est là qu'on apprécie une équerre de qualité...
  5. On trace ensuite l'axe longitudinal de la nervure, ce qui est aisé grâce au soin apporté à la taille des lignes de références.
  6. On trace ensuite les lieux des orifices et on pointe ces lieux.
  7. On perce ensuite les petits orifices avec un forêt-fraise multidiamètre.
  8. les gros orifices sont perçés à la scie cloche.
  9. On prédécoupe ensuite les nervures un mm au delà des limites,. J'ai utilisé ma scie à chantourner.
  10. On finit en taillant les faces inclinées par ponçage. C'est là qu'on apprécie d'avoir un bon banc à poncer, bien réglé!

 

1er novembre 2014

On colle ensuite les nervures dans le longeronnet. On met en oeuvre trois techniques de serrage.

  1. Le cas le plus simple correspond à celui des nervures percées. Il suffit de passer une baguette dans les trous des nervures et de presser avec des serre-joints. Bien entendu, on vérifie l'équerrage. J'utilise une équerre à chapeau. Elle tient toute seule, et ca gagne une main!
  2. Le second cas correspond aux nervures centrales qui sont pleines. J'ai taillé une petite planchette pour les deux nervures. Chaque planchette présente une fente par laquelle passe la nervure. La largeur de la fente est un peu plus large que l'épaisseur de la nervure, et sa longueur est telle que la planchette s'arrête à peu près au tiers inférieur de la hauteur de la nervure. On appuie ensuite une baguette sur ces deux planchettes et on serre avec un serre-joint. On vérifie l'équerrage.
  3. Le troisième cas, c'est celui des nervures d'extrémité. J'ai réalisé une sorte de contre nervure qui se positionne avec deux cales inclinées. Ces contre nervures portent un tasseau qui permet d'appuyer pour serrer. On vérifie l'équerrage.

 

A l'issue de la manip, on peut vérifier l'alignement des nervures. Il y a un ou deux petits écart, mais dans l'ensemble, jene m'en suis pas trop mal tiré.

11 novembre 2014

Les nervures étant en place, on peut coller les charnières latérales, selon une procédure identique à celle utilisée pour le PF. On reprend le même gabarit. Les charnières sont collées à l'araldite sur les nervures et boulonnées avec des boulons 8.8. On place ensuite deux petits renforts triangulaires en ctp e4mm. Il s'agit d'une opération assez délicate qui conditionne l'alignement fianl des trois charnières de la GP (deux latérales et une centrale). On colle ensuite les cloisons internes destinées à rigidifier l'ensemble.

16 novembre 2014

On peut enfin coller les deux bords de fuite. Il doit être collé sur les extrémités des nervures. C'est là qu'on apprécie d'avoir été précis. Rappelons nous le fameux dicton "qui chante au traçage pleure à l'assemblage...". Les nervures sont tout de même assez fines et il n'est pas facile de réaliser le serrage. pour les nnervures percées, on peut se reprendre dessus pour serrer le BF. J'ai récupéré une technique utilsée dans la reliure pour serrer les nerfs sur le dos des ouvrages reliés plein cuir. L'idée consiste à utiliser une ficelle croisillonnée. J'utilise de la ficelle suiffée de cordonnier. C'est hyper solide et absolument pas élastique. C'est impeccable. Pour ne pas blesser le BF, j'intercale des petites cales en CTP e5mm ordinaire. Le fil est ensuite tendu avec des croisillons que l'on bloque sur les nervures. L'ensemble est un poil complexe...

17 novembre 2014

La dernière opération avant le coffrage est le positionnement des goussets. C'est une opération classique. On ne serre pas aux agraffes, de peur de casser les collages BF/nervures. On utilise des pinces ou des serre-joints.

14 décembre 2014

Le moment est venu de faire un nouveau test d'assemblage PF/GP. On y parvient assez facilement, sans forcer. On positione des cales d'espacement à chaque bout et au miieu. Quelques petits coups de maillet sur une cale poussant le boulon de la charnière centrale après avoir passé les axes dans les charnières latérales et ca y est. les débattements sont corrects.Il reste le coffrage.

20 décembre 2014

La température de l'atelier permet encore d'utiliser la colle résorcine dans la fourchette de température spécifiée par le constructeur. On va donc réaliser le coffrage de la face extragos du PF.

Il s'agit d'une collage assez long . L'essai à blanc m'indique qu'il me faudra vingt minutes d'encollage, ce qui est un peu supérieur au temps ouvert. Il faut donc être deux. On commence par caler le PF bien horizontal. On pressera avec des baguettes bloquées au plafond, et qui appuieront sur des lattes. C'est une technique de lutherie qui sert au collage des barrages de tables d'harmonie des guitares (on n'utilise pas le plafond, mais un "ciel", une sorte de bâti avec un "plafond". Aux extrémités, on serre normalement avec des serre-joints. Il faut travailler d'avant en arrière, en commençant par le contact ctp e1.5mm/bord d'attaque. ce serrage se fait aux agraffes que l'on retirera par la suite. La peau étant bien ancrée, on pose les lattes et les baguettes cintrées de serrage. Attention, une baguette cintrée peut générer une poussée énorme. Pour ma part elles faisaient plier le chantier. Je l'ai donc renforcé avec des pieds provisoires maintenus solidement par de gros serre-joints. Le serrage de la peau sur le longeronnet se fait en utilisant les taquets que j'avais fait pour le serrage des flancs.

Après désserrage quelques jours plus tard, la GP est réassemblée au PF pour passer le reste de l'hiver à l'atelier,  car il fait maintenant trop froid pour coller.

25 septembre 2015

La gouverne de profondeur est désassemblée du plan fixe.

Après avoir étudié le calage et le serrage, et après avoir badigeonné l'intérieur du plan fixe au Xylophène, on procède au collage du coffrage de l'intrados du plan fixe. Le collage s'effectue à la Résorcine-Formol (la température est de 17,6°C). On dispose autour des ferrures de petites cales en CTP de 4mm pour servir d'appui à la feuille de coffrage. Le plan fixe est posé sur son calage, et son horizontalité vérifiée. La technique de serrage du coffrage repose sur un agrafage et un clouage sur les nervures. Bien entendu, tous les points de repères nécessaires ont été reportés au crayon sur le côté externe du coffrage. Le collage se fait en trois temps : d'abord la partie centale, puis un des côtés et enfin le côté restant. Il aura fallu 85g de colle, environ. Le temps ouvert prescrit n'a pas été dépassé, mais sa limite a été approchée. Donc on a réalisé une petite éprouvette que l'on cassera pour vérifier l'efficacité du collage. Les agrafes de serrage sont déposée quelques jours plus tard. Tout sonne clair, sans « friser ». Le collage a donc été bon.

Mais hélas, j'entends un petit objet qui se balade à l'intérieur. Il a été oublié lors du collage et s'est trouvé enfermé dans une cavité ! Il faudra découper une petite fenêtre, extraire le coupable (petit morceau de bois) et refermer par collage d'un petit volet (3cm x 2cm) avec enture. Du temps de perdu bêtement pour une erreur qu'on ne refera pas. Les débords de la feuille de coffrage sont arasés au rabot et le tout est fini à la ponceuse orbitale.

 

28 septembre 2015

Collage du coffrage d'intrados de la gouverne de profondeur. On reprend exactement le même processus que celui utilisé pour le coffrage du plan fixe (calage sur chantier, agrafage et cloutage). L'intérieur a également été badigeonné au Xylophène. L'opération est effectuée avec 25g de colle par côté (la température est de 17 °C). Le collage est désserré trois jours plus tard. Tout se passe bien. On réalise un nouvel assemblage de la gouverne et du plan fixe sur le chantier pour vérifier que le coffrage n'a pas tordu l'ensemble. Rien de tel, tout s'assemble aisément.

 

23 octobre 2015

Il est temps d'installer le plan fixe sur le fuselage. On le présente et on le cale horizontalement. La mise en croix est vérifiée en mesurant de chaque côté les distances qui séparent l'angle arrière externe du plan fixe avec le point de repère placé latéralement sur la barre de liaison inox. Une différence de quelques mm est constatée, ratrapée aisément par une très légère rotation du plan fixe. Les positions des orifices des plaques de liaisons sont reportées sur le fuselage.

 

1er novembre 2015

On réalise une nouvelle présentation du plan fixe. On obtient un bon résultat et on retombe exactement sur les repères cotés lors de la présentation précédente. On confectionne alors un guide de perçage pour garantir que l'axe des orifices de passage des boulons 8.8 de liaison est parfaitement perpendiculaire aux flancs. Ce guide est réalisé en bois dur (accacia). Il s'appuie sur deux cales en CTP de 13mm, ce qui permet de vérifier que l'extrémité du forêt vient bien sur le point de percage. Une contre cale martyr est placée à l'intérieur pour éviter les éclats à la sortie du forêt (le perçage est réalisé avec une perceuse portative. Les quatre trous sont perçés et le plan fixe, équipé de sa gouverne est mis en place [1] [2]. On vérifie que les bords internes de la gouverne n'interfèrent pas avec les câbles de direction, et on vérifie que le guignol de profondeur passe bien librement dans la lumière dorsale du fuselage, ce qui est le cas. Grâce aux deux trappes de visite pratiquées dans l'étambot, on va pouvoir raccorder la barre de commande mais il faut d'abord la préparer. (Voir chapitre "commandes de vol").

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Work on tail part should start in spring 2013

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